jeudi 28 mai 2009

Le harcèlement




Ce que vous faîtes n'est jamais bien, que ce soit la cuisine, ou l'éducation de Paul, votre dernier.… Certaines personnes ont l'art de la remarque perfide, et ce de manière répétée. Résultat : baisse de moral et d'estime de soi, fatigue chronique, symptomes bien connus du stress… Les psy appellent ça le harcèlement moral. On en parle dans le cadre de la vie professionnelle, elle existe également au sein du couple.

Certaines paroles apparemment anodines, certaines allusions, peuvent êtres déstabilisantes. Ces messages négatifs, sont de véritables poisons, des toxines comme les appellent Jacques Salomé, le spécialiste en relations humaines. D'après la psychanalyste Marie France Hirigoyen (1), "le harcèlement moral, peut débuter par un abus de pouvoir, se poursuit par un abus narcissique au sens où l'autre perd toute estime de soi". Dans la vie de tous les jours, le harcèlement moral entraîne effectivement le doute et le manque de confiance en soi, s'accompagne d'une véritable souffrance intérieure. Il génère un stress chronique, le plus dangeureux des stress.

Il est souvent difficile de repérer le harcèlement moral, les agressions sont subtiles, et le harcelé imagine qu'il s'agit d'une relation conflictuelle, comme il en existe beaucoup dans les couples. En réalité, la situation est plus perverse. Le harceleur pratique souvent ce que les psy appellent l'emprise. La plupart du temps s'engager lui fait terriblement peur. Sa stratégie : il vous maintient à distance dans des limites qui ne lui paraissent pas dangereuses. En vous étouffant tout en vous maintenant "à disposition". Il vous fait subir ce qu'il redoute le plus : être envahi. Objectif : rester en position dominante.


Disqualifier est un art que pratique avec brio le harceleur. "Son objectif consiste à retirer à quelqu'un toute qualité, de lui dire et de lui répéter qu'il ne vaut rien, jusqu'à l'amener à le penser" écrit Marie-France Hirigoyen. Les messages négatifs sont de plusieurs formes. De manière plus ou moins directe, il peut se moquer de vos convictions, se gausser de vos points faibles, mettre en doute vos capacités de jugement et de décision. Dans le registre de la communication non verbale il utilise des regards méprisants, des soupirs excédés, ou bien des critiques dissimulées dans une plaisanterie. Le harcèlement se fait non pas ponctuellement mais dans la répétition.


N'oubliez pas que face à un persécuteur, on ne gagne jamais. Commencer un bras de fer avec lui est fortement déconseillé. Une fois que vous avez repéré le processus, il va vous falloir agir fermement sans craindre de conflit. Jacques Salomé, dans son livre "Le courage d'être soi", conseille de se définir et de faire passer ses désirs avant de se laisser imposer ceux du persécuteur. C'est apprendre à dire un "non" de positionnement.
S'en sortir tout seul est difficile car ces paroles viennent certainement faire écho à une fragilité identitaire, ou à un manque d'estime de soi antérieur. La présence d'un entourage bienveillant ou d'un thérapeute est souvent nécessaire. N'oubliez jamais que même s'il existe des éléments ponctuels d'emprise dans le couple, la relation doit être gratifiante et vous envoyer principalement des messages positifs.

D'après les propos de Catherine Maillard
Mis à jour le 10 février 2009
Publié par stop au stress

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire